Articles de fond
Roman cinématographique et effet de vie chez Milan Kundera PDF Imprimer
Écrit par Jean-Marie Yombo   
Samedi, 05 Décembre 2020 15:40

Résumé
Cette étude s’intéresse au lien qui existe entre l’œuvre romanesque de Milan Kundera et le cinéma. Elle s’emploie à démontrer que le romancier, en dépit du rejet qu’il manifeste à l’égard des adaptations filmiques du roman, pratique une écriture qui prend la syntaxe cinématographique comme modèle compositionnel du récit. Par ailleurs, cette étude veut montrer qu’en empruntant au cinéma ses techniques, Milan Kundera donne naissance à un roman cinématographique dont le matériau incitatif finit par produire un « effet de vie » dans le psychisme du lecteur-spectateur. Pour ce faire, nous nous appuyons sur la théorie de l’intermédialité (Müller 2000) et sur celle « l’effet de vie » (Münch 2004).

Mots-clés : adaptation, art, cinéma,  effet de vie, intermédialité, média. 

Introduction

Milan Kundera s’est frotté très jeune à l’art cinématographique qui a fortement imprégné son imaginaire. Plus tard, il a enseigné le cinéma à Prague et à Paris et a permis, en tant que coscénariste, l’adaptation de La Plaisanterie et de L’Insoutenable légèreté de l’être. Par ailleurs, il s’est lié d’amitié avec Hynek Bôcan, à qui il a autorisé l’adaptation filmique de sa nouvelle intitulée « Personne ne va rire », extraite de Risibles amours. Ces noces scénaristiques du roman avec le septième art tendent à montrer que le cinéma est tributaire du genre romanesque dont il s’inspire très souvent :

Les historiens du cinéma s’accordent désormais à reconnaître, après Etienne Fuzellier, que dès le départ, le cinéma a trouvé inspiration dans le roman, non seulement en développant l’adaptation dès les premières années du XXe siècle, mais en s’attachant prioritairement au roman […] comme un modèle structurel, narratif et thématique (Plana 2004 : 106).

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La vie et l'art, deux réponses à la mort cosmique PDF Imprimer

Article de Georges Chapoutier,

publié dans L'Esprit du temps, 2003/2 n° 124, pages 131-139
et reproduit ici avec l'aimable autorisation de l'auteur : 

ChapouthierGeorges-LaVieEtLArtDeuxReponsesALaMortCosmique.pdf

 
L'effet de vie de l'art - conférence de MMM PDF Imprimer

Enregistrement vidéo d'une conférence donnée par Marc-Mathieu Münch, Université de Lille SHS (durée : 1h09)

https://vimeo.com/124015908 

 

 
Your Brain on Fiction PDF Imprimer
Écrit par Annie Murphy Paul   
Samedi, 17 Mars 2012 20:21

Amid the squawks and pings of our digital devices, the old-fashioned virtues of reading novels can seem faded, even futile. But new support for the value of fiction is arriving from an unexpected quarter: neuroscience

Brain scans are revealing what happens in our heads when we read a detailed description, an evocative metaphor or an emotional exchange between characters. Stories, this research is showing, stimulate the brain and even change how we act in life.

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A propos de la théorie, hommage à M. MASUDA PDF Imprimer
Écrit par Marc-Mathieu Münch   
Jeudi, 22 Juillet 2010 07:58

                                         Quelques mots à propos de la théorie littéraire

                                                     en hommage à M. Masuda.



On dit parfois que la pensée japonaise n’a pas, comme l’occidentale, le goût de la théorie dans le domaine des arts. En revenant d’un séjour au Japon où j’ai eu le plaisir d’être reçu par le Département de langue et de littérature françaises de l’université de Kyoto, je me demande si la position japonaise n’est pas la meilleure dans un domaine, la beauté, l’émotion esthétique, qui est particulièrement difficile à traduire en termes d’intelligibilité.

Le raisonnement mathématique et la logique des propositions qui sont la base rationnelle des habitudes de pensée de l’Occident ne sont pas bien adaptés au phénomène de l’art qui ne vise pas l’expression d’une vérité mais un état d’âme saisissant tout le cerveau-esprit, voire le corps-cerveau-esprit.

J’en prends pour preuve un passage du moine-poète Shôtetsu (1381-1459) cité par M. et M. Shibata, dans La Saveur du zen (1) : « Ce que j’appelle le « yûgen », je peux le sentir dans mon cœur, mais je ne puis l’exprimer à l’aide de mots. La lune est cachée par un nuage mince ou dans la montagne les érables sont enveloppés par le brouillard d’automne. Voilà les états du « yûgen ». Si on me demande où se trouve le « yûgen » dans ces deux exemples, je ne saurais le dire. Ceux qui ne comprennent pas cette beauté diront qu’il vaut mieux que la lune soit très lumineuse dans un ciel serein. A propos de « yûgen » on ne saurait préciser où c’est intéressant, où c’est magnifique. »

Or, en tant qu’Occidental, j’ai immédiatement envie, en lisant ces lignes, de dire la même chose, mais en affirmant que le style « yûgen » est une esthétique de la suggestion.

Réfléchissons cependant et comparons les deux aperceptions d’un « style » qui est planétaire dans le domaine des arts et dont le « yûgen » japonais est un exemple particulier : on verra qu’elles sont toutes deux insuffisantes. 

La formulation japonaise de Shôtetsu a recours à deux exemples de scènes ressenties par le « cœur » humain. L’avantage est qu’on est tout de suite concrètement dans l’art littéraire et qu’on a immédiatement envie de nommer d’autres exemples. Sa faiblesse est de renoncer à aller jusqu’à l’induction d’un cas général de l’art et d’oublier que tout exemple implique l’existence d’un cas général par définition.

L’avantage de la formulation occidentale est d’y parvenir, mais au prix d’une expression abstraite qui a peu de présence dans le « cœur »  et qui, de plus, utilise un mot qui n’a pas qu’un seul sens dans les dictionnaires.

Je conclus de ce petit exercice de poétique comparée que ni les exemples ni les cas généraux ne suffisent en théorie de la littérature. Ils doivent se compléter. La théorie véritable consiste fondamentalement à organiser un jeu de ping-pong entre les exemples et le cas général à condition de se rappeler que les exemples ne sont pas une formulation scientifique MAIS  que cette dernière ne peut avoir lieu qu’en sortant du phénomène concret pour entrer seulement dans le miroir de sa modélisation, miroir qui n’est déjà plus la chose.

Enfin, je n’oublie pas que je traite ici un cas d’école :  pour définir vraiment le « yûgen », il faudrait entrer en détail dans les caractéristiques historiques de la littérature japonaise et dans les époques qui l’ont fait vivre.

1.    Le Savoir du Zen. Poèmes et sermons d’Ikkyô et de ses disciples. Traduits et présentés par M. et M. Shibata, Spritualités vivantes, Paris, Albin Michel, 1998, p. 58.
Marc-Mathieu Münch
 

 
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